De Blaireau à Pêcheur
Comment je suis devenue Pêcheur malgré moi
La vie avec Xavier sans Dieu, la vie avec Dieu sans Xavier,À la mort de Xavier, Dieu n’a pas attendu que je reprenne mes esprits. Il a envoyé du monde, sans me demander mon avis — ce qui est assez son style.
D’abord un prêtre, une grâce que je n’avais pas commandée. Puis Julien de cathoglad.com, qui m’a embarquée dans l’évangélisation numérique, moi qui croyais juste allumer un ordinateur. Puis Emmanuel et seconsacrer.org. Et dans tout ça, Paray-le-Monial revenait, revenait, revenait. Les rencontres, les prêtres, le Recteur E.Kern, une vie qui prenait forme sans que j’aie vraiment signé le devis, mais j’étais d’accord même si je ne comprenais rien ou presque, bien loin les fondamentaux…
Un soir, je rentrais de Paris — Julien, Emmanuel, des projets plein les bras et la tête en ébullition. Je m’arrête à la messe, fatiguée mais souriante. Le prêtre me remarque et me demande : “Comment vas-tu ?”
Je lui réponds sans réfléchir : “C’est le bordel. Il se passe trop de choses, je ne contrôle rien.”
Il sourit : “C’est bon signe. Laisse-toi aller.”
J’ai compris ce soir-là que ne pas contrôler n’était pas un problème à résoudre. C’était la grâce en train de travailler. En mode bordel, certes. Mais la grâce quand même.
Dans le Jura, ma maison était trop grande et le silence trop lourd. Alors j’ai ouvert les négociations avec le Ciel.
“Dieu, s’il te plaît, accorde-moi de vivre à Paray ou à Versailles, là où j’ai mes amis. Le 78 ou le 71 ? Bon écoute, je ne sais pas trop.”
J’ai fait la liste des pour et des contre. J’ai regardé les annonces. la maison étais en vente.
La maison ne se vendait pas, même bradé (époque de merde ).
Le 29 juin, je suis à Paray avec Emmanuel et Jean-Philippe. On travaille sur le site, on déjeune ensemble, et là, Jean-Philippe lève les yeux de son assiette : “Mais qu’est-ce que tu vas faire à Versailles ? Franchement, Paray c’est mieux. Tu auras toujours une chambre d’amis chez nous.”
Intérieurement : ben oui, mais… Paray ça fait un peu peur. Je ne connais pas grand monde. Et si ça ne marche pas ? Et si je me retrouve encore plus seule ? Et si… et si… et si…
Et puis l’autre pensée, le petit avertissement qui murmure à l’oreille de mon cœur : si je rentre à Versailles, avec mes amis, mes habitudes, mes conforts — est-ce que je ne risque pas de perdre tout ce qui me porte en ce moment ? La foi, ça s’entretient. Les tentations, ça existe.
Le 29 juin, 21h. Je suis dans la voiture, retour vers le Jura. Et dans ce silence d’autoroute, je dis à Dieu — vraiment, simplement :
“Il a raison. C’est à Paray que je dois m’installer. Seigneur, s’il te plaît, accorde-moi de vivre à Paray, c’est ok, je voudrais vraiment y habiter…et ma maison sera ouverte à ceux que tu m’enverras, que cette vie aie du sens.”
Lundi 30 juin, 14h : visite de la maison.
Le compromis de vente est signé vers 18h.
La maison qui ne se vendait pas. Vendue en un jour.
Moi j’appelle ça une réponse, une invitation, une sacrée invitation, ça me fout même la pression !
Me voilà donc à Paray-le-Monial. Jeune veuve, dos en miettes, cœur encore en reconstruction. La ville est belle, le Sacré-Cœur rayonne.
Et très vite je découvre les Grenouilles de Bénitier.
